Chers frères et sœurs,
Que le Seigneur vous donne la paix !
En raison de la guerre, cette année nous n'avons pas pu vivre le traditionnel pèlerinage du Carême à Jérusalem, avec les célébrations solennelles au Saint-Sépulcre et aux Lieux Saints de la Passion. Bien que nous ayons pu prier et nous préparer personnellement, le cheminement communautaire vers Pâques nous a manqué. Nous nous interrogeons désormais sur la célébra-tion de la Semaine Sainte, cœur même de notre foi, à Jérusalem et au Saint-Sépulcre.
Les restrictions imposées par le conflit et les événements de ces derniers jours ne laissent présager aucune amélioration imminente. En dialogue constant avec les autorités compétentes, et avec les autres Églises chrétiennes, nous réfléchissons aux modalités, à convenir ensemble, de la célébration du mystère central de notre salut au sein de nos Églises. La situation évolue sans cesse et il est impossible de donner des indications définitives pour les jours à venir ; nous serons donc contraints de nous coordonner au jour le jour.
Il est d'ores et déjà clair, cependant, que les célébrations ordinaires ouvertes à tous ne pour-ront avoir lieu. En conséquence, je vous communique ce qui suit :
- La procession traditionnelle du dimanche des Rameaux, du mont des Oliviers à Jéru-salem, est annulée. Elle sera remplacée par un moment de prière pour la ville de Jéru-salem, dans un lieu qui sera déterminé ultérieurement.
- La messe chrismale est reportée à une date ultérieure, dès que la situation le permettra, si possible pendant le temps pascal. Le Dicastère pour le culte divin a déjà donné son accord.
Les églises du diocèse restent ouvertes. Les curés et les prêtres, par tous les moyens pos-sibles, feront tout leur possible pour encourager la prière et la participation des fidèles aux célébrations pascales.
À la dureté de cette période de guerre, qui nous affecte tous, s'ajoute aujourd'hui le fardeau de ne pouvoir célébrer Pâques ensemble et dignement. C'est une blessure qui s'ajoute aux nom-breuses autres infligées par le conflit. Mais nous ne devons pas nous décourager. Si nous ne pouvons-nous rassembler comme nous le souhaiterions, ne renonçons pas à la prière.
C'est le moment de nous souvenir de l'invitation de Jésus à ses disciples : « Priez sans cesse et ne vous découragez pas » (Luc 18, 1).
Nous souhaitons donc compenser ces limitations par des moments de prière en famille et dans nos communautés religieuses. Je sais que la prière est déjà pratiquée partout, et je suis réconforté par l'engagement à maintenir vivante la tension spirituelle. Cependant, je ressens le besoin de proposer une journée spéciale où, tout en restant chacun chez soi, nous nous sentirons spirituellement unis dans la prière pour trouver du réconfort. Nous aspirons à la paix, avant tout pour nos cœurs troublés. Seule la prière peut nous l'apporter.
C'est pourquoi je vous invite à vous joindre à nous en prière samedi prochain, le 28 mars, en récitant le Rosaire pour implorer le don de la paix et de la sérénité, particulièrement pour ceux qui souffrent à cause du conflit. Nous le ferons avec humilité, certains que notre prière, même à distance, puisera dans la force de l'amour de Dieu, qui nous unit dans un esprit d'espé-rance et de confiance.
Vous trouverez ci-joint un formulaire pour la prière du Rosaire, préparé par le Père Fran-cesco Patton.
Pâques, que nous célébrons au nom de la passion, de la mort et de la résurrection du Christ, nous rappelle qu'aucune obscurité, pas même celle de la guerre, ne peut avoir le dernier mot. Le tombeau vide est le sceau de la victoire de la vie sur la haine, et de la miséricorde sur le péché. Laissons cette certitude éclairer nos pas et nourrir notre espérance.
Je vous embrasse tous dans le Christ et vous envoie ma bénédiction.
Jerusalem, 22 mars 2026.
+Pierbattista Card. Pizzaballa
Patriarche latin de Jerusalem